les femmes au pouvoir

Pour la vie…

J’ai écrit ce texte en 2021 pour une publication qui ne s’est  finalement pas faites.

Cinq ans plus tard, sorti des archives et après une petite cure de rajeunissement, il n’a pas pris une ride. Au contraire : l’accélération des maux du monde et sa violence vis à vis de nos milieux, du vivant et de nous mêmes humains,  rend encore plus urgente la nécessité de le repenser.

On me demande souvent quelle est la place des femmes dans les sociétés traditionnelles parmi lesquelles j’ai vécu. C’est un sujet qui est devenu crucial dans nos sociétés modernes. Mais en tant qu’homme blanc cinquantenaire, observateur occidental, je me sens comme un traducteur imparfait, un passeur maladroit. 

D’un autre côté, qui d’autre que la caricature que je suis a consacré vingt ans à partager la vie de ces populations ? À les filmer, écouter, apprendre ? À nourrir sa vision du monde en s’inspirant de la leur, et la transmettre par ses films, conférences, expositions pour tenter d’apporter une réponse?

On me l’a demandé, me le demande encore souvent, alors je me lance.

Le texte est long. Il reflète une expérience, des interrogations, des constats, des nuances, un cheminement, du contournement d’écueils pour laisser le raisonnement se faire. Il pose des questions, émet des hypothèses, ouvre des pistes. Il mettra peut-être mal à l’aise. Tant mieux. C’est l’inconfort qui ouvre des brèches dans les certitudes. 

Échangeons. C’est la raison de cette publication.

Tikopia : l’équilibre de la paix et l’autorité

Donc, on me demande souvent quelle est la place des femmes dans les sociétés traditionnelles parmi lesquelles j’ai vécu.  D’un point de vue anthropologique, ces modes de vie ont souvent une apparence « patriarcale » que ne contredisent pas les images que je ramène. Pourtant ce n’est pas l’expérience que j’en ai retenue à l’issue des six ou sept années que j’ai consacré à chacun de ces peuples.

L’exemple est frappant sur la petite île de Tikopia, où les chefs de tribu sont essentiellement des hommes et où cette responsabilité se transmet prioritairement de père en fils. Mais il est aussi exact qu’un homme qui y battrait sa femme serait condamné à l’exil et devrait quitter l’île en pirogue. De la même manière, le seul représentant politique de l’île de Tikopia au gouvernement des îles Salomon est une femme, élue car jugée moins susceptible de se laisser corrompre ou détourner par d’autres intérêts que ceux du peuple qu’elle représente. Elle a d’ailleurs été réélue récemment face à un homme pour cette raison. Il est exact encore que la violence d’un conflit s’arrête dès qu’une femme s’en mêle.

À partir de ces constats, mes premières réponses étaient un peu bafouillantes, car je n’y avais jamais vraiment réfléchi dans ce contexte. Dans mes films, je mets un point d’honneur à me placer du point de vue des peuples avec qui je vis. Ce questionnement du rapport entre homme et femme traverse surtout le microcosme des sociétés ayant adopté un mode de vie occidental.

Écouter avant de nommer

Il me faut prendre des précautions. Quand je parle de « femmes » et « d’hommes » , je ne présuppose pas des catégories universelles ou biologiquement fixées. Beaucoup de sociétés reconnaissent plus de deux genres : les Two‑Spirit chez certains peuples nord‑américains, les Māhū à Hawaï, les Fa’afafine aux Samoa, les Rae rae à Tahiti. Cette fluidité n’est pas une « invention moderne » mais une réalité longtemps ignorée, invisibilité ou écrasée.

Ce dont je parle ici, ce sont des rôles sociaux, des responsabilités, des « charges mentales » distribuées différemment selon les sociétés.

Il y a aussi une raison éthique à cette prudence. Imaginez qu’un Tikopien débarque en France et nous demande : « Pourquoi vos ancêtres ne parlent‑ils plus aux vivants ? Pourquoi avez‑vous rompu le dialogue avec votre Terre? » Pour lui, cette rupture serait le signe d’une société profondément malade. Il pourrait même lancer un grand débat tikopien sur « la crise spirituelle française » et proposer des solutions depuis sa cosmovision.

Ce serait absurde. Nous ne l’accepterions pas. Sa question présuppose que tout le monde organise les relations avec les ancêtres comme à Tikopia, que notre territoire est considéré comme un interlocuteur au lieu d’être un lieu géographique. C’est un peu comme si les catégories mentales existant à Tikopia étaient universelles. Eh bien, d’une certaine manière, c’est exactement ce qu’on fait quand on demande « quelle est la place des femmes à Tikopia » en présupposant que « femme », « homme », « égalité », « domination » signifient la même chose partout.

On l’a déjà faite, cette erreur. Au pire de notre histoire coloniale. En croyant apporter « le progrès », « la civilisation », « les Lumières », on a provoqué génocides, destructions de modes de vie, extinction de langues et de savoirs. Projeter nos catégories mentales (homme/femme, nature/culture, traditionnel/moderne) sur d’autres cosmovisions, c’est répéter une forme de violence à l’encontre d’autres formes de savoir et d’autres manière de vivre: un épistémicide.

Alors quand on me demande « quelle est la place des femmes à Tikopia ? », la question elle-même est piégée. Elle présuppose que « femme » signifie la même chose là-bas que chez nous, que les rapports de genre s’organisent selon les mêmes logiques, que nos grilles d’analyse (patriarcat, égalité, domination) sont universelles. Or, ce n’est pas le cas. Et c’est précisément cette différence qui est interessante et qui mérite je pense un « coup de projecteur »

Traduire sans trahir

J’ai donc essayé de construire une réponse adéquate pour exprimer, sans trahir, ce que j’avais observé, avec cette obligation prudente de trouver les mots justes, tant le sujet est sensible et viscéral chez nous, surtout lorsque c’est un homme qui en parle.

Je suis gêné d’admettre, que je trouve la perception traditionnelle de certains peuples plus équilibrée et plus proche de ce que je ressens que certains discours féministes dominants dans l’espace public. Pour éviter toute confusion, il ne s’agit pas d’un désaccord avec les objectifs d’égalité ou de justice ou parce que ces discours seraient illégitimes; ce malaise est d’un autre ordre et s’alimente du sentiment que cela se déroule dans l’enceinte d’un récit occidental qui entérine un monde qui me semble par ailleurs faire fausse route et dont je ne partage ni les codes, ni les horizons. Il ne s’agit donc pas de juger ces luttes, mais le ressenti d’une erreur d’aiguillage : débattre d’égalité dans un cadre qui ne questionne pas suffisamment le système qui produit les inégalités.

Valeurs masculines, valeurs féminines : une architecture sociale

On peut dire que les fondations de nos sociétés modernes sont l’héritage d’un monde conçu principalement par et pour des hommes. La domination, la compétition, l’autorité et la force, qui caractérisent le plus souvent des valeurs et des énergies « masculines », prédominent, et c’est dans ce monde‑là, que nous, les « modernes », discutons de l’égalité femme‑homme.

Les sociétés traditionnelles considèrent aussi la plupart du temps que les hommes sont les gardiens de ces valeurs, un peu comme s’ils en avaient la « charge mentale ». Mais elles considèrent aussi que la femme a la charge mentale du respect de tout ce qui vit autour d’elle, de la coopération avec la vie sous toutes ses formes. Les femmes sont les garantes des relations de paix avec le monde qui les entoure.

Attention, pas d’essentialisme biologique : je ne dis pas que « les femmes sont naturellement ainsi » ou que « les hommes sont naturellement ainsi ». Ce que j’observe, c’est une organisation sociale, une manière de distribuer des responsabilités collectives qui ne découle pas d’une « nature » mais d’une architecture culturelle au service d’un projet commun. Ce n’est pas une hiérarchie homme > femme ou femme > homme. C’est une complémentarité de charges mentales différentes, au service d’un projet qui les dépasse tous : la préservation de la vie.

Ainsi, nous sommes en quête d’égalité dans un monde où les valeurs à connotations masculines prévalent, quand les sociétés traditionnelles, dans leur majorité, considèrent que les valeurs masculines cohabitent dans le cocon apaisé des valeurs dont les femmes sont les gardiennes.

En écrivant ça, j’ai conscience du fossé qui sépare la perception traditionnelle de la perception contemporaine. Loin d’une posture essentialisante, ou romantisante, je dis juste: « regardez, il existe des sociétés qui ont organisé les rapports de genre autrement que nous et au service d’un projet biocentré. » Cette observation ne prescrit rien. Elle ouvre juste la possibilité de se demander à quoi pourrait ressembler le monde d’aujourd’hui sous l’influence des perceptions traditionnelles ? Pour répondre aux enjeux sociaux, climatiques et environnementaux qui sont les nôtres aujourd’hui, les valeurs de coopération avec nos milieux de vie, de respect et de préservation de la vie sous toutes ses formes ne paraissent‑elles pas plus adaptées que la compétition, la force et la domination  qui domine chez nous?

Un meilleur équilibre de toutes ces valeurs ne permet‑il pas d’envisager un nouveau rapport au monde qui borderait les excès de chacune d’entre elles ?

Quand le soin du vivant se replie dans l’ombre

À force de « progrès », nous nous sommes éloignés de tout ce qui vit autour de nous, jusqu’à mépriser notre propre naturalité. Nous entretenons l’illusion de pouvoir nous exonérer de toute dépendance à notre communauté biotique.

Dans cette société d’excellence, prendre soin de la vie, coopérer avec elle, entretenir la paix avec le monde qui nous entoure a fini par ne s’exprimer qu’à travers l’acte d’aller faire ses courses, faire à manger, entretenir sa maison, son jardin, mettre au monde et s’occuper des enfants. Dans nos sociétés dénaturalisées, le lien ténu qui nous relie encore au monde vivant s’est réfugié dans la sphère privée. Il s’est réduit à des tâches ménagères dont la femme au foyer est longtemps devenue la gardienne à travers une multitude de tâches invisibles, secondaires, et dévalorisées qui rendaient impossible le fait de se construire une place respectable en société.

Serait‑il possible que cela ait dégradé durablement l’image et le rôle des gardiennes de la vie dans nos sociétés modernes ? Que leur désertion de la sphère publique ait permis aux instincts de domination, d’autorité et de compétition de se répandre dans tous les domaines, sans aucune limite ? Serait-il possible que cela explique la force, la puissance et la radicalité de certains féminismes qui cherchent moins à revaloriser le soin qu’à s’extraire du piège d’un carcan réducteur? 

Pour la vie : une génération qui se lève

Mais les temps changent. Et vite. C’est avec plaisir que je m’aperçois que cette perception traditionnelle fait écho auprès d’un public nombreux et corrobore un mouvement de fond exaltant dont on ne mesure pas encore toute  la puissance planétaire.

Il n’échappe plus à personne que le bouleversement du climat, la pollution de l’air, des sols, l’exploitation des ressources fossiles, la privatisation du monde vivant et de ressources vitales,  les tensions géopolitiques, autant de déséquilibres engendrés par nos modes de vie, occupent une grande partie de notre actualité. De même que la cohorte des conséquences qui pèsent sur le présent et menacent l’avenir : inondations, tempêtes, sécheresses, biodiversité en danger, manipulation du vivant, migrations, famines, épidémies, émeutes, oppression, menace sur la paix, sur la faune, la flore, les forêts, les océans, les nappes phréatiques, jusqu’à remettre en question la potabilité de l’eau de nos robinets quand on a la chance qu’ils coulent encore.

Dans cette énumération, il y a un dénominateur commun : la vie est en danger. Le monde vivant dans son ensemble et les communautés humaines sur Terre sont menacés comme jamais ils ne l’ont été de mémoire d’homo sapiens, de Neandertal ou d’australopithèque compris.

Et une nouvelle génération de femmes, décomplexée, se mobilise au chevet d’une vie et d’une paix menacées.

C’est devenu une évidence dans ma vie de tous les jours : des femmes s’engagent et s’exonèrent des oripeaux d’un vieux monde, non pour revendiquer seulement leur égalité, mais pour servir la vie. Elles investissent le paysage associatif, social, militant, environnemental, humanitaire, politique avec, en étendard, les valeurs qu’elles incarnent.

Il me semble reconnaître dans ce tsunami naissant la promesse d’un monde nouveau, en embuscade, plus proche de ce que je ressens au contact des sociétés traditionnelles.

Des femmes, des luttes, un même fil : pour la vie

En France, une association comme « Notre Affaire à Tous », à l’origine de « L’Affaire du siècle », ce recours contre l’État pour inaction climatique, est née de l’initiative de plusieurs femmes dont Marie Toussaint, étudiante en droit international devenue députée européenne, et Valérie Cabanes, juriste internationale, à l’origine en France d’une médiatisation des droits de la nature. Leur slogan : notre défi est « d’envisager, inventer et construire un modèle économique, sociétal et de gouvernance qui respecte et protège la vie sur Terre, afin de préserver la dignité humaine et la planète sur laquelle nous vivons ». 

Citons aussi bien sûr dans ce combat  « Wild Legal », pilotée avec virtuosité  par sa fondatrice Marine Calmet. Avec détermination et beaucoup d’audace, elle affronte tout ce qui, sur le terrain, fait obstacle à la reconnaissance d’une nature comme interlocutrice ayant des droits.

On ne compte plus les associations, les ONG, les organisations nationales et internationales qui prennent fait et cause pour la vie, la dignité, la nature, le droit des peuples, le droit à un environnement sain et qui tirent leur énergie de l’activisme d’une nouvelle génération de femmes. Des dynamiques qui interrogent frontalement la manière de vivre « à l’occidentale » et ses valeurs dominantes. Pour la vie…

Certaines femmes n’hésitent pas à exposer leur propre vie, à braver justice et légalité dans leur pays, et parfois payer un lourd tribut dans cette bataille.

On se souvient de Pia Klemp, cette jeune capitaine de navire de 37 ans, à qui on attribue le sauvetage de près de 17 000 vies jusqu’en 2016 en Méditerranée. Je m’étais fait l’écho en France de son procès imminent début 2019, 3 ans après son arrestation où elle risquait jusqu’à 20 ans de prison. Ce cri d’alerte repris et partagé plusieurs dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux a participé à la mise en lumière de son engagement, permis de médiatiser son cas et de créer une pétition ainsi qu’un fond de soutien.  Pour la vie …

Cette affaire fut suivie par une autre fortement médiatisée : après plusieurs jours au large de Lampedusa, essuyant de la part de tous les pays européens des refus pour accueillir plusieurs dizaines de naufragés. Devant le risque sanitaire et le besoin de soins, Carola Rackete, 32 ans, une autre jeune capitaine de bateau d’origine allemande, brave les autorités italiennes, force le blocus et accoste, sauvant la vie des naufragés. Elle est arrêtée, risque quinze années de prison, avant que finalement le tribunal italien abandonne les poursuites 2 ans plus tard. Pour la vie …

Citons encore Irène Frachon, 56 ans, française qui a bravé dès 2010 la toute-puissance de l’industrie pharmaceutique et le pouvoir de l’argent en résistant aux intimidations pour dénoncer le scandale du médiator et ses milliers de victimes. Après plusieurs années, le procès a enfin commencé en septembre 2019 pour se clôturer en appel en 2023 par la condamnation criminelle du laboratoire Servier. Pour la vie … 

Reality Winner, 29 ans, jeune linguiste cryptographique américaine, condamnée à 5 ans de prison et incarcérée pour avoir transmis des documents sur les magouilles électorales américaines, par idéalisme au service d’une vérité. Pour la vie …

Shaïmaa al-Sabbagh, jeune activiste égyptienne de 32 ans, au service des plus vulnérables, assassinée en direct par un policier lors d’une commémoration où elle allait déposer des fleurs sur la place Tahrir en souvenir des quatre ans de la révolution égyptienne. Pour la vie …

Rosane Santiago Silveira, militante brésilienne des droits de la nature et des hommes, sauvagement torturée et assassinée à 50 ans. Pour la vie …

Marielle Franco, 39 ans, sociologue brésilienne défenseuse du droits des femmes et militante contre les violences institutionnelles dans les favelas, assassinée avec la complicité de la police locale, et probablement de quelques responsables  politiques. Pour la vie …

Daphne Caruana Galizia, 53 ans, journaliste maltaise dont la voiture a explosé alors qu’elle dénonçait la corruption des représentants de son île. Pour la vie …

Natalia Estemirova, journaliste russe qui dénonçait les violations des droits de l’homme et des femmes en Tchétchénie, lâchement enlevée et tuée par balle à quelques centaines de mètres de chez elle, rejoignant au panthéon des femmes courageuses Anna Politkovskaïa qui connu le même sort quelques années plus tôt. Pour la vie…

Nasrin Sodouteh, 55 ans, avocate iranienne spécialiste des droits humains condamnée à 38 ans de prison et 148 coups de fouet pour avoir défendu le droit des femmes dans son pays. Pour la vie …

Daniela Carrasco, 38 ans, artiste engagée connue sous le nom de « El mimo » au Chili torturée, violée et retrouvée pendue dans un terrain vague après une vague d’arrestation par l’armée durant une manifestation pacifique pour le droit à vivre dignement. Pour la vie…

Havrin Khalaf, 35 ans, femme politique kurde militante de la paix et du droit des femmes, dont le viol, la torture et le meurtre, filmés et retransmis quasiment en direct par ses violeurs assassins à la frontière turque, furent plus que glauques et morbides. Pour la vie …

Diana Isabel Hernández Juárez, militante membre des «gardiennes de la Terra  Madre », 35 ans attaquée et abattue par des hommes armés inconnus, lors d’une procession dans sa communauté au Guatemala. Pour la vie…

Isabel Cabanillas, jeune artiste peintre mexicaine de 26 ans, activiste et militante du droit des femmes et de la nature qui s’est faite assassiner en 2020 pendant que je commençais ce texte. Pour la vie…

Mahsa Jîna Amini, jeune femme kurde d’Iran de 22 ans, assassinée par la police des Mollahs devenue malgré elle l’égérie posthume du mouvement « Femme Vie Liberté ». Pour la vie…

Tamana Paryani et Parwana Ibrahimkhel, deux militantes afghanes arrêtée par les talibans, soumises à une disparition forcée et torturée pour avoir osé manifester contre un régime qui effacent les femmes. Pour la vie

Manahel al‑Otaibi, 20 ans, militante saoudienne pour les droits humains et des femmes, condamnée à 11 ans d’emprisonnement dans les geôles saoudiennes. Pour la vie…

Julia Chuñil, militante chilienne mapuche de 72 ans, protectrice des terres indigènes contre les spéculations foncières mystérieusement disparue en 2024 sans aucune traces. Pour la vie..

Et que dire du récent et lâche assassinat par la police américaine de Renee Nicole Good, 37 ans, citoyenne américaine qui ne faisait que défendre le droit à une vie décente de populations stigmatisées par un pouvoir autoritaire ?. Pour la vie…

Que de larmes de rage autant que de tristesse à l’évocation de ces « faits divers tragiques ». Combien d’autres femmes anonymes, quotidiennement, au chevet de la vie ?

Derrière ce harcèlement des femmes qui s’engagent, n’y aurait‑il pas comme un objectif? Celui d’étouffer une menace ? Comme si la puissance du récit qu’elles incarnent était capable de renverser l’ordre mondial.

Comme si, dans sa démesure, notre monde se devait d’anéantir tout risque de tempérance et de museler toute voix discordante. Serait‑ce le reflet, dans notre vieux monde, d’une carence des valeurs essentielles que les femmes des sociétés traditionnelles incarnent, et qui fixent des limites à ne pas franchir ?

L’eau, la vie et celles qui veillent

« Te vai, te ora » disent les Tikopiens : « l’eau, c’est la vie ». Comme dans bien des croyances traditionnelles, l’eau est source et origine de toute vie. En Afrique, en Nouvelle‑Zélande, en Amérique du Sud, dans le Pacifique, des gardiennes ou des porteuses d’eau, quasiment toujours des femmes, sont garantes de ce bien. Elles veillent à ce que l’eau soit utilisée de manière équitable par toute la communauté biotique qui en a l’usage, dans un souci de partage et de coopération.

Est‑ce un hasard si, aux États‑Unis, ce sont deux jeunes femmes, Ruby Montoya et Jessica Reznicek, qui ont saboté une portion du Dakota Access Pipeline en 2017, oléoduc accusé de menacer les nappes phréatiques et l’eau d’un peuple ?

« Certains peuvent considérer ces actions comme violentes, mais ne vous y trompez pas, nous avons agi avec notre cœur et n’avons jamais menacé la vie. Ce que nous avons fait, c’est lutter contre une entreprise privée qui s’est approprié nos terres, en polluant l’eau de notre nation », explique Ruby Montoya. Elles purgent aujourd’hui de très lourdes peines de prison. Pour la vie…

Ce combat pour l’eau et la vie, d’autres jeunes femmes l’incarnent à travers le monde, Christelle Kwizera au Rwanda, Autumn Peltier, de la nation algonquine au Canada,  Charlène Descollonges en France pour n’en citer que quelques-unes.

Comment ne pas avoir une pensée envers cette toute jeune génération qui investit la rue et est de tous les combats pour la vie depuis plusieurs années, dans de nombreux pays ? Elle ne réclame pas des emplois ou des droits nouveaux, mais celui de grandir dans un environnement sain, de respirer un air pur, de fouler un sol fertile, de vivre sous un climat clément.

Est‑ce un hasard si ce sont essentiellement des jeunes femmes qui sont les porte‑étendards de cette jeunesse en révolte pour la vie ? Greta Thunberg en est l’icône la plus médiatisée, mais les autres s’appellent Adélaïde Charlier, Kyra Gantois et Anuna De Wever en Belgique, Luisa Neubauer en Allemagne, Harriet O’Shea Carre, Milou Albrecht et Jean Hinchliffe en Australie, Anna Taylor en Grande‑Bretagne, Marie‑Claire Graf en Suisse, Nina, Patricia et Helena Galingua en Équateur, Ridhima Pandey en Inde., la France n’est pas en reste de jeunes activistes: Ketsia Mutombo, Zoélie Charpentier, Rosalie Duhoo, Sandy Olivar Calvo. Pour la vie…

Pour l’instant, on ne déplore pas de violences physiques pour accueillir la dynamique qu’elles insufflent. Mais leur mobilisation est souvent accueillie avec une virulence verbale indécente, orchestrée par des chiens de garde au chevet d’un monde à l’agonie.

Les femmes kurdes : vie, terre, dignité

Impossible d’être exhaustif, mais il serait injuste de ne pas évoquer les femmes kurdes. Coincées par l’Histoire entre un héritage traditionnel et les soubresauts d’un territoire chahuté par les turpitudes coloniales, elles font figure de précurseuses dans leur mobilisation pour la vie et pour leur peuple.

Être garante de la paix, cela peut aussi aller jusqu’à prendre les armes lorsque le droit à la dignité et à l’intégrité d’un peuple est menacé. Ainsi, Kara Fatma, à la fin du XIXᵉ siècle, responsable d’une armée d’hommes et de femmes qui s’est battue pour l’indépendance en Turquie ; ou Lady Adela Khanum, surnommée « princesse des braves », qui sauva la vie de nombreux officiers britanniques durant la Première Guerre mondiale ; ou encore Margaret George Malik, qui a pris les armes pour défendre son peuple contre l’Irak dans les années 1960 ; et plus récemment Sakine Cansiz, co‑fondatrice du PKK, torturée et finalement assassinée à Paris en 2013 avec deux autres compatriotes.

Si ces destins sont indissociables de la situation géopolitique hautement sensible de la région, on notera que l’engagement de ces femmes s’est toujours fait au nom du droit à vivre en tant que peuple.

Un combat qui s’est cristallisé ces dernières années lors de la constitution des milices de femmes kurdes qui ont activement participé à lutter contre Daesh, ennemi déclaré de tout ce qui vit sur Terre. Pour l’anecdote (mais en est‑ce vraiment une ?), j’ai souvent remarqué que les langues, dans leur manière d’organiser les phrases ou de construire les mots, reflétaient la manière de penser et un peu de la culture des peuples qui les parlent : le mot femme en kurde se dit « Jin » et il a la même racine que le mot vie « Jîyan ». Quant à la naissance, c’est « Jan ».

D’ailleurs, « femme, vie liberté » ( Jin, Jîyan, Azadî) est un slogan kurde 

Pour la vie…

Pas d’amalgame! le mouvement kurde ne réserve pas ce combat aux femmes. Les combattants qui ont vaincu Daesh étaient unis non par un genre, mais par un projet : défendre la vie.

Capitalisme, féminisme et impasse anthropocentrée

Sur le long chemin qui a conduit à l’hégémonie de notre société thermo‑industrielle, nous avons plusieurs fois bifurqué. Oubliant notre origine, nos modes de vie carburent désormais aux hormones du capitalisme.

Fidèle aux valeurs qui l’ont engendré, ce dernier, pour s’étendre et maintenir son emprise, puise son énergie dans l’exploitation du monde minéral, végétal et animal. Que ce soit l’eau, la terre, la putréfaction naturelle, la faune, la flore, les humains, il transforme tout en ressources, en énergies dévoreuses de nature, elles‑mêmes converties en richesses monétaires qui ne se mangent pas, ne se boivent pas, n’irriguent rien, ne donnent pas naissance, n’abritent et ne protègent personne, ne sont au service d’aucun équilibre.

Tandis qu’il se nourrit de la vie et se propage en détruisant ses cycles, la grande absente des fondements du capitalisme, c’est la vie. Le capitalisme et tout autre système cousin qui n’intègre pas en son sein le souci de la vie sous toutes ses formes semblent donc bien une impasse. Serait‑ce un raccourci indécent que de dire que le capitalisme et un certain féminisme, entendu comme préservation de la vie, ne sont pas compatibles, voire carrément antagonistes ?

Ce féminisme‑là partage avec l’écologie le souci de la vie. Voilà une belle piste pour comprendre pourquoi toutes tentatives de concilier écologie et capitalisme, même affublé du qualificatif de « vert », sont vouées à l’échec. Ne serait‑il pas temps, pour nous les hommes, de nous effacer un peu, et de mettre le meilleur de ce que nous sommes au service de ce que ce féminisme là pourrait offrir au monde? 

Des féminismes pluriels, des alliances possibles

« Les femmes ne doivent pas attendre des hommes que ces derniers leur donnent le pouvoir, elles doivent le prendre. » Par cette injonction guerrière, Delphine Batho semble dire que nous, les hommes, ne sommes pas encore tout à fait prêts à renoncer à l’hégémonie des valeurs qui nous caractérisent. Pourtant, timidement et inexorablement, le monde politique emboîte le pas de ce grand mouvement planétaire.

Ainsi, nous avons été nombreux à nous réjouir de la nomination en Finlande de la plus jeune femme à la tête d’un gouvernement dans le monde, lui‑même constitué majoritairement de jeunes femmes. Mais nous réjouissons‑nous pour les mêmes raisons ? De mon côté, j’y vois autre chose qu’une simple victoire du féminisme « à l’occidentale » au nom de la parité et de l’égalité. J’y lis un signal plus prometteur : la possibilité d’un autre récit politique. « Construire un monde socialement, écologiquement et économiquement durable. Nous voulons que chaque enfant en Finlande puisse devenir ce qu’il veut et que tout le monde puisse grandir et vieillir en toute sécurité et avec bonheur », déclarait Sanna Marin, 34 ans, lorsqu’elle est devenue première ministre de Finlande. Pour la vie…

Jacinda Ardern, première ministre néo‑zélandaise: alors qu’elle s’exprimait après l’adoption d’une loi qui fera date, pour la première fois au monde, elle inverse la logique des priorités jusqu’alors systématiquement données aux intérêts économiques, tout en créant une commission de contrôle indépendante des intérêts politiques et économiques : « Nous sommes ici parce que notre monde se réchauffe de manière indéniable. Aujourd’hui, nous avons fait un choix dont je suis fière et qui laissera un héritage. J’espère que les générations futures verront que nous, la Nouvelle‑Zélande, sommes assis du bon côté de l’Histoire. Certaines choses sont trop importantes pour la politique, et la plus importante d’entre elles, c’est la crise du climat. » Pour la vie…

Au Congrès américain, habituellement dopé à la testostérone, c’est à la plus jeune élue, Alexandria Ocasio‑Cortez, que l’on doit la mise à l’agenda d’un Green New Deal, articulation de justice sociale et de justice écologique : « L’écologie n’est pas un sujet élitiste, c’est un sujet de qualité de vie. Vous voulez dire aux gens qui ont besoin d’air pur et d’eau potable qu’ils sont élitistes ? On peut résoudre tous les problèmes d’environnement du monde ; si les politiques environnementales sont calquées sur les injustices économiques existantes, nous perpétuerons les problèmes sociaux. » Souhaitons que son pays revienne un jour à la raison et reprenne en compte ces sages paroles. Pour la vie…

En Slovaquie, c’est une jeune femme, Zuzana Čaputová, avocate environnementaliste presque inconnue, qui gagne les élections présidentielles face à un dinosaure de la politique : « Je ne suis pas là pour diriger mais pour servir les citoyens et les habitantes et habitants de la Slovaquie. J’offre mes compétences, de l’émotion et une approche saine de militante. » Pour la vie…

Au Mexique, Claudia Sheinbaum Pardo scientifique et climatologue auteur entre autres du 5ème rapport du GIEC devient présidente de la République avec pour projet explicite un féminisme engagée privilégiant la qualité du lien social, et un programme économique visant à prendre soin et restaurer les ressources aquatique et forestières. Son discours d’investiture est explicite : « Le développement et le bien-être du peuple ne peuvent se renforcer qu’avec le soin de l’environnement et des ressources naturelles. »  Pour la vie…

Si l’on sent de la détermination dans ces parcours politiques, on note dans les discours l’absence de célébration de la compétition, de l’industrialisation, de l’arrogance, au profit d’une vision de bien‑être des générations futures, de bonheur de chacun, de qualité de vie pour tous et de qualité des milieux de vie. L’excellence économique est reléguée au statut d’instrument et de moyen au service de nouveaux objectifs, plutôt qu’une fin en soi.Serait‑ce l’amorce politique d’un mouvement qui sonne le glas d’un monde archaïque tout en ouvrant de nouvelles perspectives ?

Entre deux mondes

Dans le brouhaha ambiant de la politique internationale, ces voix féminines qui prennent le contrepied d’un héritage masculin pesant, sont réjouissantes. Pour s’en convaincre, il suffit de juxtaposer le discours de ces femmes à ceux de Trump, Poutine, Salvini, Erdogan, Loukachenko, Bolsonaro, Xi Jinping, Kim Jong‑un, Assad, Al‑Sissi, Macron…

Entre avenir belliqueux et perspectives apaisantes, j’ai choisi mon camp. Pour la vie…

C’est peut‑être la lueur d’espérance la plus épanouissante pour l’avenir qui s’annonce, même si c’est encore peu visible. Beaucoup d’hommes s’irritent de cette petite mélodie qui envahit l’espace public et politique sur la scène mondiale. Des femmes aussi. Certaines ne se sentent pas prêtes à renoncer à la place qu’elles ont chèrement acquise dans ce monde d’hommes, souvent au prix de renoncements, de sacrifices et de négations. D’autres sont sans doute démunies face aux perspectives d’un féminisme incarné, enfoui et oublié depuis trop longtemps. Bien que favorable à plus d’équité, je ne suis pas toujours à l’aise avec ces féminismes qui se pensent solubles dans le monde actuel. Un monde qui discrimine les différences plutôt que de les valoriser, et qui en même temps les fige en identités rigides. Un monde qui réduit les gens à des caricatures pour mieux les stigmatiser: que ce soit pour les rejeter ou pour les enfermer dans des cases. Sans nier la réalité des discriminations et la nécessité de les combattre, j’ai la sensation que persévérer dans cette spirale aliénante, c’est tourner le dos à ce que nous sommes : des êtres en relation. C’est devenir petit à petit des anomalies environnementales, déconnectés du vivant, du territoire, de la communauté biotique en affirmant des identités qui nous dénaturent.

D’un côté, un monde qui n’apporte aucun espoir nouveau, et de l’autre, un nouveau monde qui frémit sous l’impulsion de jeunes femmes qui s’engagent, agissent, se montrent, inspirent, s’expriment avec comme étendard des valeurs, prémisses de nouveaux récits… C’est désormais un fait, c’est en cours… et c’est puissant.

Devons‑nous résister ? Renouer avec les âges sombres où l’on brûlait les sorcières, guérisseuses des âmes et des maux ? En avons‑nous le luxe ? Il me paraît plus excitant d’entrer les deux pieds joints dans cette période fascinante et pleine de promesses, qui donne du sens à bien des initiatives préparant déjà le monde de demain.

Un rendez-vous manqué 

D’ailleurs cette émergence n’est elle pas peut simplement un retour? Si on peut s’inspirer d’autres manières d’être aux monde pour y trouver un équilibre perdu, on peut aussi regarder dans notre propre passé. Londa Schiebinger, historienne des sciences décrit des femmes qui au XVIe et XVIIe siècles, en Europe même; herboristes, guérisseuses, sages-femmes, naturalistes, détenaient et transmettaient des savoirs complexes sur le vivant. Des savoirs relationnels, issus d’une fréquentation intime et patiente des plantes, des corps et des territoires. Des savoirs qui ne séparaient pas l’observateur de ce qu’il observait, qui ne découpaient pas le monde en ressources à exploiter mais en interlocuteurs à écouter et avec qui dialoguer. Pour la vie

Nous avons donc déjà eu rendez-vous avec cet équilibre: un rendez vous manqué. A cette époque, la science moderne se constituait en institution, et s’est construite contre ces formes de connaissance relationnelle et non dualiste. Les académies royales, les universités, les sociétés savantes naissantes ont fermé leurs portes à cette connaissance qui se faisait par le lien et la relation à la vie incarnées par des femmes. Leurs savoirs ont été soit appropriés sans attribution, soit requalifiés en superstitions, en croyances ou en folklore. Le contexte italien de la Renaissance a pourtant offert une belle opportunité que l’historienne des sciences Paula Findlen souligne notamment à travers le destin de Laura Bassi, devenue une physicienne et mathématicienne reconnue qu’on surnommait « la femme qui comprenait Newton ». Mais cette brève fenêtre d’ouverture de la Renaissance se referme avec la professionnalisation masculine de la science. 

L’analyse de Carolyn Merchant dans la « mort de la nature » (1980) confirme qu’à cette époque la science moderne passe d’une vision organique et maternelle de la nature à une vision mécanique à dominer. Avec force détail, elle cite notamment Sir Francis Bacon, père de la méthode scientifique expérimentale qui use et abuse de métaphore explicite à travers un langage violent et sexué pour décrire la conquête de la nature par cette science naissante: une nature-femme à contraindre, à disséquer, à forcer à livrer ses secrets. Au delà d’une exclusion sociale, c’est peut être une forme d’épistémicide qui s’est alors déroulée (extinction d’une forme de savoirs). On n’a pas seulement écarté des femmes : on a écarté une manière d’être avec le vivant, une façon de connaître qui refusait la rupture entre le sujet et l’objet, entre la nature et la culture. On a confisqué un savoir relationnel pour lui substituer un savoir de domination. Et c’est pleins d’audace et d’inconscience que nous avons appelé ça: le progrès.

Les femmes qui aujourd’hui se lèvent pour la vie en danger, ne réinventent sans doute pas quelque chose de nouveau. Elles renouvellent quelque chose d’enfoui, elles sont les héritières d’un récit dont nous n’avons pas voulu et qui s’est invisibilisé au profit d’un récit de maîtrise, de conquête et d’extraction. 

Écoféminismes, cosmovisions et biocentrisme

À ce stade, la petite musique de l’écoféminisme résonne certainement dans l’esprit de certain(e)s : une des voies explorées par Starhawk aux États‑Unis, Vandana Shiva en Inde ou encore Émilie Hache en France, et qui se rapproche, par bien des aspects, de la perception des femmes dans les sociétés traditionnelles.

En revanche, les féminismes décoloniaux (María Lugones), les écoféminismes non duelles (Val Plumwood, qui lie domination des femmes et domination de la nature), les théories performatives du genre (Judith Butler); tous ces courants convergent vers ce que j’observe à Tikopia : la critique radicale du dualisme moderne (homme/femme, nature/culture, raison/émotion).

J’ai l’impression néanmoins que la perception traditionnelle propose un équilibre et une complémentarité entre hommes et femmes que je ne perçois pas toujours bien dans le discours écoféministe. Il serait contre‑productif qu’une société trop gynocentrée se substitue à un monde androcentré.

La voie que nous montrent toutes celles (et ceux) qui prennent fait et cause pour la vie en danger n’est pas anthropocentrée : elle nous oblige à élargir la frontière de la communauté humaine et à y inclure d’autres entités comme le sol, l’eau, les plantes, les animaux, l’air.

C’est la promesse d’un récit biocentré.

05/02/2026

Sources

Tikopia et sociétés polynésiennes
– Firth, R. (1936). We, the Tikopia: A sociological study of kinship in primitive Polynesia. London: George Allen & Unwin.
– Firth, R. (1939). Primitive Polynesian Economy. London: Routledge.
– Macdonald, J. (1981). The Tikopia and « What Raymond Said ». Journal of the Polynesian Society, 90(1), 119-139.
– Firth, R. (1959). Social Change in Tikopia: Re-study of a Polynesian community after a generation. London: Routledge & Kegan Paul.

Genre et rôles sociaux à Tikopia
– Firth, R. (1961). We the Tikopia (2e éd.). London: George Allen & Unwin.
– Macdonald, J. (n.d.). Fieldwork among Tikopia women. (Étude sur l’inclusion des femmes dans les groupes rituels).

Ouvrages cités:

  • Merchant, Carolyn. La Mort de la nature : Les femmes, l’écologie et la Révolution scientifique.
  • Trad. de l’anglais par Margot Lauwers. Marseille : Wildproject, coll. « Domaine Sauvage », 2021, 608 p. ISBN : 978-2-38114-003-2.
  • Schiebinger, Londa. The Mind Has No Sex ? : Women in the Origins of Modern Science. Cambridge (MA) : Harvard University Press, 1989.
  • Bacon, Francis. Novum Organum . Trad. fr. Le Nouvel Organon. Paris : PUF, 1986.
  • Findlen, Paula. The Scientist’s Garden : How Plants Shape Our Science and Our Lives. Cambridge (MA) : Harvard University Press, 2023.

  • Écoféminisme et théories
  • Shiva, V. (1988). Staying Alive: Women, Ecology and Development. Zed Books.
  • Plumwood, V. (1993). Feminism and the Mastery of Nature. Routledge.
  • Lugones, M. (2008). « Colonialidad del género ». Tabula Rasa, 9.
  • Starhawk. (1982). Dreaming the Dark. Beacon Press.
  • Hache, É. (2013). Écologie et politique. Éditions Amsterdam.

Militantes et activistes mentionnées
– Pia Klemp. (2024). Capitaine Jugend Rettet/Sea-Watch. Wikipedia.
– Carola Rackete. (2019-2021). Procès Sea-Watch 3, Lampedusa.
– Irène Frachon. (2010-2023). Scandale Mediator, condamnation Servier.
– Reality Winner. (2017-2021). Affaire interférence russe élections US.
– Shaïmaa al-Sabbagh. (2015). Assassinat Place Tahrir, Égypte.
– Marielle Franco. (2018). Assassinat Rio, Brésil.
– Daphne Caruana Galizia. (2017). Assassinat Malte.
– Natalia Estemirova. (2009). Tchétchénie, droits humains.
– Nasrin Sotoudeh. (2010-). Avocate iranienne, droits des femmes.
– Mahsa Amini. (2022). Mouvement « Femme, Vie, Liberté », Iran.
– Greta Thunberg et al. (2018-). Fridays for Future, activisme climatique.
– Ruby Montoya & Jessica Reznicek. (2016-2017). Dakota Access Pipeline.

Dirigeantes
– Sanna Marin. (2019). Première ministre Finlande, discours investiture.
– Jacinda Ardern. (2020). Loi zéro carbone Nouvelle-Zélande.
– Alexandria Ocasio-Cortez. (2019). Green New Deal, Congrès US.
– Zuzana Čaputová. (2019). Présidente Slovaquie, avocate environnementaliste.
– Claudia Sheinbaum Pardo. (2024). Présidente Mexique, discours d’investiture